HISTOIRE ET DATATION INTERPRETATIVE DU MANUSCRIT
Ajuster la taille du texte : A- | A+
Le manuscrit VOYNICH porte le nom de celui qui au début du XXe siècle a découvert le manuscrit et son intérêt, et non pas celui qui l’a rédigé. De nombreuses études, presque unanimes ont accordé la paternité du manuscrit à l’anglais Roger Bacon (1214-1292). Il écrit dans « lettre sur le travail secret de la nature et l’incapacité de la magie » : « ne serait pas sain d’esprit l’homme qui écrirait un secret d’une toute autre façon que celle qui la dissimulerait du vulgaire et la rendrait intelligible seulement avec difficulté même aux scientifiques et aux étudiants consciencieux ». Cela est possible, mais ce n'est pas notre hypothèse. L'esprit cultivé de Bacon l'aurait certainement amené à chiffrer un texte certes, mais aussi à pouvoir le déchiffrer. Nous n'avons pas de lui d'élements attestant qu'il était versé dans des recettes alchimiques (nymphes, pharmacopée, plantes, astrologie, recette). N'oublions pas pour mettre en perspective deux époques, la sienne et la nôtre, que l'alchimie était pratique courante, ainsi que les pratiques assimilées à la magie, et non forcément comme de nos jours assimilées à des pratiques et rites mystérieux, troubles, d'initiés un peu marginaux. Nous verrons dans le chapitre suivant dans quel contexte historique s’inscrivit la rédaction de ce manuscrit, dans un rapport étroit mais ambigu avec l’alchimie, la kabbale, la religion, la diffusion plus importante des textes avec des moines copistes plus fervents. En 1639, après un saut historique significatif dans lequel nous n’avons pas d’information, le praguois Georg Baresch écrivit au réputé jésuite et scientifique Athanasius Kircher qu’il détenait un livre mystérieux qui était écrit dans une écriture inconnue et abondamment illustré avec des dessins de plantes, d’étoiles, de secrets alchimiques. Baresch pensait que A. Kircher pourrait déchiffrer ce manuscrit grâce à son expérience reconnue de « briseur de codes ». Le livre nous est parvenu, après plus de 360 ans, sans qu’un seul mot des 235 pages ait été compris. Baresch n ‘était pas le premier attendre, en vain, la lecture du manuscrit. Avant lui, plusieurs scientifiques que l’empereur du Saint Empire Romain germanique, Rodolphe II (1552-1612) avait fait venir à sa cour l’ont eu aussi dans leur main pour essayer, de même, de traduire les pages mystérieuses. On ne sait comment, le manuscrit passa dans les mains de Jacobus de Tepenecz, le directeur des jardins botaniques de l’Empereur. Sa signature figure sur le premier feuillet du manuscrit. Le docteur et scientifique praguois, recteur de l’Université de Prague, Johannes Marcus Marci a été un correspondant fidèle d’A. Kircher durant 25 ans. Peu avant sa mort, il envoie à A. Kircher son manuscrit qui lui explique l’avoir hérité d’un ami proche qui avait essayé de le traduire presque tout au long de sa vie. La lettre de Johannes Marcus Marci, du 19 août 1665 (ou 1666) à Kircher indique dans un paragraphe : « Ce livre que m’a légué un ami intime, je vous le destine, mon très cher Athanasius, aussitôt qu’il est venu en ma possession, car je suis convaincu qu’il ne peut être lu par personne d’autre que vous . Le précédent détenteur de ce livre voulait vous demander votre opinion par lettre, en vous copiant et vous envoyant une partie du livre duquel vous auriez pu lire ensuite le reste, mais il a refusé à ce jour d’envoyer le livre lui-même. Marci demande alors dans sa lettre également l’aide de Kircher, et décrit aussi comment à l’origine ce manuscrit avait été acheté par l’empereur Rodolphe II pour 600 ducats (ce qui représenterait environ un million d'euros actuel). En 1912, Wilfrid M. Voynich, un collectionneur de livres new yorkais, acheta un manuscrit médiéval écrit dans une écriture inconnue. W. Voynich visitait souvent l’Europe à la recherche de livres rares et anciens. Le cédant était le Collège jésuite de la Villa Mondragone (Frascati, près de Rome). Comme dans les décennies et les siècles passés, et malgré les efforts d’autres brillants cryptologistes et universitaires, le livre est resté inconnu quant à sa signification. En 1912, W. Voynich écrit « J’ai traversé une très remarquable collection de précieux manuscrits enluminés. Depuis des décennies, ces volumes ont été rangés enterrés dans des coffres dans lesquels je les ai trouvés dans un ancien château d’Europe du Sud, où la collection a été apparemment rangée par suite de discordes politiques en Europe au début du XIXe siècle. W. Voynich a révélé que le manuscrit a été en possession de John Dee, savant, astrologue et magicien bien connu du XVIe siècle. John Dee était entre 1584 et 1588 à la cour de Rodolphe II de Bohême en tant qu’agent secret de la Reine d’Angleterre Elizabeth I, et il a probablement apporté le manuscrit à Prague. John Dee était un admirateur de Francis Bacon et a collectionné beaucoup de ses écrits (37 environ semble-t-il). Sir Thomas Browne, l’inventeur du mot « cryptography » affirma que le fils de John Dee, Arthur, lui a parlé d’un livre contenant rien d’autre que des hiéroglyphites. W. Voynich voulait voir son mystérieux manuscrit déchiffré, et fournit des copies photographiques à bon nombre d’experts. Cependant, en dépit de certaines déclarations spectaculaires, aucune des solutions proposées a eu suffisamment de substance pour une complète traduction. En 1961, le livre a été acheté par H.P. Kraus, un antiquaire new yorkais spécialisé dans les livres, pour une somme de proche de 25 000 euros. Il l’a évalué plus tard à 100 000 euros mais n’a pas trouvé d’acheteur. Il donna finalement ce manuscrit en 1969 à la prestigieuse université américaine de Yale, et est conservé depuis à la bibliothèque des livres rares « Beinecke », sous le numéro de catalogue MS 408.
DATATION DE L'ECRITURE ET CORRELATIVEMENT DU MANUSCRIT La principale question de tout ceci est la datation de l'écriture. Onciale, caroline ou dérivée proche, l'écriture du manuscrit est sans doute avant le style gothique, et peu de chance qu'elle date postérieurement au XVe siècle. Il faut nécessairement prendre simultanément en compte l'écriture et les dessins, notamment dans les premières pages les nymphes (femmes nues dans des "baignoires"). Elles sont dessinées dans un style proche de ce que l'on trouvait dans les manuscrits post-romans, sans être celui de la Renaissance. Ecriture et images sont inter-dépendants et liés historiquement entre elles. Nous y reviendrons ultérieurement. Pourrait-on raisonnablement écrire deux siècles plus tard (vers le XVIe environ) d’une écriture proche de l’onciale, de la caroline, alors que l’écriture était plus évoluée vers le style gothique puis ensuite humanistique. Ce qui prime dans ce manuscrit, pour son auteur était qu'il était davantage attaché à produire une écriture inventée plutôt qu'à reproduire une écriture ancienne ou historique. L'invention prime sur le style. Le style est un indice permettant de retracer la datation du manuscrit. La date de la première moitié du XVe siècle nous parait largement plausible et surtout cohérente. DATATION INTERPRETATIVE DU MANUSCRIT L’histoire du manuscrit en tant que telle n’apporterait que peu si sa signification, son sens étaient communs. Bien sûr, certains livres pouvant porter atteinte à l’ordre politique ou religieux, ont été brûlés, détruits… mais certains ont du être précieusement gardés dans des couvents, dans des cryptes, bibliothèques de châteaux et autres abris… Et l’histoire de tels livres retrace ainsi l’histoire des idées, des luttes du pouvoir à travers leurs détenteurs et leur parcours intellectuel et/ou spirituel. Détailler l’histoire du manuscrit Voynich apporte plus qu’une simple géographie politique : elle construit partiellement sa possible signification par petites touches avec différents détenteurs qui ont écrit sur des lettres, courriers, échanges… entre eux, tant le sujet était remarquable et exceptionnel ou hors du commun. Entre l’histoire a priori acceptée et celle pouvant être aussi vérité, on trouve certaines lacunes, des interrogations pouvant remettre en cause toute une théorie puisque l’œuvre est historique, c’est-à-dire emprunte des idées et des mœurs d’une époque. Ce manuscrit est-il de Roger Bacon ? A-t-il été écrit en Europe centrale ? A la fin du XVe siècle, ou milieu du XVIe siècle ? Nous avons émis notre hypothèse : la moitié du XVe siècle. Il faut chercher des indices, des clefs de lecture et d'interprétation, voir chaque détail afin qu'un ou plusieurs trahissent positivement l'auteur sur l'époque où il vécut. Par exemple, l’identification de plusieurs plantes comme étant des spécimens de ce qui était à l’époque le Nouveau Monde, et qu’aurait ramené Christophe Colomb de ses expéditions, montrerait ainsi que ce manuscrit aurait pu ne pas être écrit avant 1492. La présence d'une plante proche d'un tournesol est relativement marquante dans l'analyse des détails car cette plante est postérieure à l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Il est clair que tout indice reflétant une époque est un signe fort pour attribuer à celle-ci l’œuvre présentement étudiée. A la lumière des dessins qui figurent dans ce manuscrit, on peut raisonnablement s’avancer en affirmant que simultanément textes et dessins sont hors du commun, c’est-à-dire écrits et dessinés dans d’autres référentiels que ceux du XVe siècle. Pour faire le parallèle en peinture, celui de Jérôme Bosch est temporel car nous pouvons le replacer dans son contexte historique précis, mais aussi hors du commun par les sujets peints, quasiment uniques dans l’histoire de la peinture d’avant le XVIIe siècle. Ainsi, l’auteur du manuscrit a non seulement inventé une écriture, mais a également inventé certains motifs floraux (et aussi, nous le verrons par la suite, d’autres dessins). Et établir un lien entre des plantes inventées et celles issues de terre inconnues à l’époque est-il trop délicat. Le tournesol sur le folio XX permet-il à lui seul de dater ce manuscrit ? Sur un autre folio, une plante étrange a été dessinée. L’auteur a pu alors inventer une plante ayant presque la forme d’un tournesol. Y aurait-il alors coïncidence dans la représentation de ce que l’on croit être un tournesol et l’imaginaire floral du scripteur ?
Compte tenu de la multiplicité des motifs floraux et donc de plantes créées de toute pièce dans l’imaginaire de l’auteur, trouver un tournesol dessiné en tant que tournesol détonne dans l’esprit de ce manuscrit. Tout a été caché, inventé dans ce livre de la nature. Bien sûr, les représentations humaines ne sont pas déformées, et l’intention de l’auteur n’est pas alors de tout masquer. Mais créer de nouvelles formes humaines demande sûrement plus de création et d'efforts d'imagination que des motifs floraux. La ferveur religieuse où Dieu a créé les hommes à son image laisse peu de place à l’imaginaire humain et au sacré du corps, d'autant plus que l'objet du manuscrit, l'élixir de longue vie, est destiné à l'homme lui-même. L'auteur a caché le texte par une écriture inventée, dessiné des plantes (vraies ou fausses) pour montrer l'usage qu'elles en avaient dans cette recette alchimique, et dessiné également des symmboles planétaires pour conforter le rôle essentiel des astres. Aurait-il masqué ou déformé les représentations humaines sans prendre le "risque" qu'un lecteur non-initié ne comprenne pas que l'homme est au centre du contenu du manuscrit avec comme finalité visible (mais non compréhensible) l'élixir de longue vie ? Nous pensons que la création de ce que l’on voit être proche d’un tournesol et le tournesol même serait de même nature qu’entre un signe écrit sur le manuscrit et un signe alphabétique. Il y a une déformation de la forme (légère) et du fonds (une plante jaune est le symbole du soleil, substitut adéquat du feu...). S’il y avait eu similitude entre les plantes réelles et les plantes imaginaires, il y aurait eu également similitude entre les lettres alphabétiques que nous connaissons avoir existé à l’époque et celles du manuscrit. Et alors le déchiffrement aurait déjà eu lieu. Il y a tant de suppositions, c'est vrai, mais pour approfondir le sujet, il n'y a pas d'autres choix que l'étude systématique des détails avec les hypothèses y afférentes. Ledit tournesol, objet de datation, n'est qu'une composition florale parmi des dizaines d'autres du manuscrit, tout comme on peut voir une autre fleur ressemblant à une passilflore. Même si le tournesol est intrinsèquement héliotrope, d'autres fleurs sont naturellement orientées vers le soleil. Enfin, la partie basse du tournesol, tige, racines n'est pas le reflet de la réalité. L'auteur aurait peut-être volontairement ajusté chaque dessin avec différentes plantes, rendant chacune d'elles fantastique. Son intention aurait alors été de présenter des plantes magiques plutôt qu'un tournesol. Par ce raisonnement cohérent et néanmoins visible sur chacune des pages du manuscrit, l'auteur n'a pas voulu dessiné un tournesol en tant que tel, mais une plante nouvelle. Et la quasi totalité des plantes que l'on voit sont en hauteur, certes pour bien se répartir sur les pages, mais aussi montent vers le ciel ou la lumière. Le tournesol supposé n'est donc pas un tournesol, rendant la question de la date de 1492 non pertinente. Mais ce n’est pas la raison qui nous fait affirmer qu’aucun parallèle entre les plantes du manuscrit et celles dites exotiques car provenant des Amériques puisse être révélateur sur le plan historique. Seules les représentations humaines du manuscrit sont révélatrices de l’époque où elles ont été posées sur les feuillets, et c’est sur cette base que nous confirmerons une possible datation. Avec certitude ? Non. Avec notre certitude ? Oui. Avant de retracer certains traits nous confirmant que le manuscrit a pu être rédigé au XVe siècle, nous répondrons à cette question : pourquoi les personnages sont davantage révélateurs d’une époque que les plantes ou les caractères inconnus que nous avons ? Cette question est importante pour valider l’époque où il a été écrit, et donc l’auteur probable. Concernant les plantes, là aussi, c’est la diversité qui l’emporte. Tant de plantes autour de nous, de toutes variétés, des petites, des plus grandes, avec des feuilles plus ou moins découpées, plus ou moins arrondies… le monde économique à partir du XIIIe siècle est plus ouvert et basé sur les échanges largement internationaux. Mais sur la remarque que la diversité humaine est bien plus grande, même si c’est une vérité que nous admettons sans aucune autre question, nous répondons que les représentations humaines notamment celles de l’art roman (par exemple) ne s’attachent en aucune façon aux traits humains. Nous avons des être féminins ou masculins. Avec des habits de telle ou telle forme ou couleurs, mais sans aucun trait de caractère transparaissant sur les visages. Brughel, Bosch, Cranach ou Durër, après l’art roman, peignirent des personnages humains, véritablement humains, chargés d’histoire, chargés de leur histoire, de leur vie, de leur caractère... Pour être le plus constructif et le plus objectif possible, nous laisserons la parole à Erwin Panofsky, brillant historien d’art et de renommée mondiale, plus spécialisé dans l’art de la Renaissance (en particulier de Dürer). Il pense que la rédaction daterait des environs de 1470, et serait d’origine germanique. Il indique qu’une date possible du début du XVIe siècle ne serait pas à exclure. Mais l’absence d’influence de la Renaissance italienne porterait la date vers 1510-1520. Un historien spécialisé en botanique, Sergio Toresella, identifie le style des motifs floraux et de l’écriture comme provenant de l’Italie du Nord, dans les années 1460. Il pense reconnaître la main d’un humaniste dans l’écriture du manuscrit. John Mangly suggère que les feuillets datent du XVe siècle, sans donner d’origine géographique à l’auteur. C’est la troisième source indiquant que le manuscrit Voynich daterait du XVe siècle. Un botaniste, Hug O’Neill a identifié, comme nous en avons parlé, un tournesol dans le feuillet XX, plante apparue en Europe après 1493. L’identification n’est pas certaine mais ne peut pas être cependant rejetée. Enfin, Robert Babcock, le conservateur de la Bibliothèque Beinecke de l’Univeristé de Yale donne une date du XVIe siècle en s’appuyant sur la façon dont le papier (le velin) a été préparé. D’autres chercheurs avancent également le XVIe et le XVIIe siècle pour la rédaction du manuscrit. Il est bien sur difficile de se forger une opinion, même avec une date possible qui serait le XVe siècle. Quant à la numérotation des pages, il y a là un consensus sur le XVIIe siècle, et serait « l’œuvre » de John Dee. Sur le style d’écriture que nous étudierons dans un prochain chapitre, malgré certaines lettres en arabesque, les autres caractères nous semblent très proches de celles du XIIIe ou XVe. L’écriture d’un calendrier (cf annexe) conservé au Saint John’s College de Cambridge est assez proche de celle de notre manuscrit. Certains calendriers du livre « Les très riches Heures du Duc de Berry » montrent là aussi une écriture proche de l’onciale qui va vers le gothique, et certains caractères sont très voisins du manuscrit Voynich. Cela ne suffit pas naturellement à confirmer notre hypothèse. Certains calendriers du moyen age reprennent la même structure que celle que nous avons dans les diverses représentations zodiacales du manuscrit Voynich, à savoir au centre une figure christique et sur différents cercles concentriques et quartiers, les formations célestes, ainsi que leurs appellations manuscrites. Dans le feuillet 67 du manuscrit Voynich, nous retrouvons cette même présentation avec une figuration centrale humaine mais stylisée et sur le feuillet à droite, une étoile. Dans les décennies qui suivirent le moyen age, les représentations du calendrier ont évolué. Concernant les feuillets représentant les phases lunaires ou les signes du Zodiaque c’est la figure centrale qui prime, à une époque où la révolution copernicienne n’étaient pas encore connue (même si l’église, longtemps, l’a combattue). Là aussi, ces éléments suffisent-ils à rapprocher l’objet de notre étude à la période moyennageuse ? Même réponse que ci-dessus, mais la succession d’éléments significatifs rendent la probabilité plus grande de situer l’œuvre vers le XIV ou XVe siècle. Avant de conclure, il nous faut laisser la parole aux sciences pures et et à la datation par radiographie. Un commentaire scientifique de décembre 1991 expose ce qui suit : « La datation au carbone 14 utilise un spectromètre de masse qui pourrait donner une date avec cependant la nécessité de détruire environ 30 mg de velin dans ce process. Ceci daterait la mort de l’animal duquel la peau a été extraite pour faire ce vélin. Ca ne donnerait cependant pas la date où l’encre a été appliquée sur le vélin. Evidemment, l’encre ne pourrait pas avoir été appliquée avant que l’animal ne livre sa peau mais l’encre pourrait (théoriquement) avoir été appliquée ensuite n’importe quand. Malheureusement, la datation par radiographie au carbone 14, étant une technique statistique, a un taux d’erreur standard qui peut varier de plus ou moins 60 ans. Parce qu’il n’y a pas de relation linaire entre les années issues du radiocarbone et celles de notre calendrier, il est nécessaire de calibrer l’age du radiocarbone pour obtenir un calendrier commun aux méthodes. La période 1600-1950 n’est pas une bonne période car la production du carbone 14 dans les couches supérieures de l’atmosphère va de pair avec la désintégration radioactive, et il y a donc un « plateau ». Ceci signifie qu’il n’est pas possible de distinguer des dates dans les quelques derniers siècles. Tout ca pour dire qu’un objet doit dater au cours de cette période.(après 1950, les rejets des bombes atomiques ont fait que les datations sont possibles). Il serait facile de déterminer si le vélin date du XVe siècle ou la période 1600-1950, mais il ne serait pas possible de savoir s’il est de 1600-1700 ou 1912. Si c’est une falsification, il est possible que le faussaire écrivit sur du vieux vélin et dans ce cas, la datation au carbone 14 ne pourrait pas dire quand il a été écrit ». En guise de conclusion sur le sujet, nous pensons que le manuscrit a été rédigé vers le XVe siècle, vraisemblablement par un esprit savant et humaniste de cette période. A vrai dire, si ce manuscrit avait été rédigé par la suite, au XVIe siècle, il n’en resterait pas moins que l’auteur était cultivé, ouvert, et connaissait les mondes alchimiques, la Kabbale, la cryptographie, l’histoire… |
|---|
© - 2007-2009