HISTOIRE DU DECHIFFREMENT DU MANUSCRIT
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Nous avions bien dit en introduction que ces pages étaient aussi une série d’histoires, du manuscrit, de son histoire, de son auteur, de son contexte historique… et puisqu’il n’a jamais été déchiffré, l’histoire de ceux qui ont tenté de le déchiffrer. Dans ce chapitre, nous évoquerons les quelques noms qui ont accompagné l’histoire scientifique récente de déchiffrement du manuscrit. Nous tenterons de donner parallèlement un bref aperçu historique, les axes de recherche de chacun d’eux, et les failles des résultats de leurs recherches. Cela permettra au moins d’écarter des axes qui auraient déjà été travaillés, même si parfois, toute la rigueur scientifique n’a pas été constamment présente. Les premières recherches sérieuses ont été commanditées par Wilfrid Voynich, suite à l’achat du manuscrit dans le monastère italien. Les premiers à s’être penchés sur ce manuscrit ont été un groupe de chercheurs : un paléographe de la Bibliothèque Nationale (Paris), qui avait d’ailleurs écrit un article sur un manuscrit alchimique crypté du XVe siècle, un professeur américain, spécialiste réputé de R . Bacon, un scientifique américain, le vice-président de la Société Royale Astronomique de Londres, et un cardinal du Vatican en charge des archives. Malgré ces compétences, nul n’est parvenu à un quelconque résultat tangible. Qu'à cela ne tienne, laissons le temps faire son oeuvre tout comme A. Wiles 350 ans après le théorème de Fermat démontra la preuve tant recherchée. En 1919, quelques reproductions ont été en possession d’un professeur américain de l’Université de Pennsylvanie, William Newbold, étudiant en philosophie et sciences médiévales. Nous voudrions également apporté la contribution d'internet au travers des messages que j'ai pu conserver depuis cinq ans (environ 10 000 emails envoyés sur la mailing-list Voynich). Tous les pays sont également passés au crible dans l'analyse du manuscrit qu'il furent anglais, italien, anglais, allemand, français, asiatique, arabe, hébreu, sud-américain et j'oublie certainement beaucoup de provenances... comme autant d'inscrits à cette mailing-list ne voyant que leurs propres paramètres sociaux et historiques pour tenter d'aboutir à une solution. J'avais proposé en son temps une méthode beaucoup plus solide pour organiser la recherche : créer des thèmes bien définis et rédiger / diriger chaque message dans le bon classeur thématique afin d'éviter les redites et gagner en efficacité, c'est à dire que chaque messsage aurait apporté sa pierre à l'édifice. Aucun ne l'a voulu, et tous préféraient l'entropie, la croissance du désordre, dont les conséquences ont été que des messages, idées, réflexions posées en instant t ont déjà eu des réponses, remarques, critiques et commentaires en un temps t-1. Comment alors juger de la pertinence de ce groupe de passionnés dont certains arborent leur casquette scientifique pour la qualifier de sérieuse dans l'établissement d'une solution. Un scientifique qui n'aurait pas de méthode est-il un bon scientifique ? Connaître les buts, s'organiser en conséquence, définir le process de recherche reste un préalable fondamental. Si certains scientifiques dans cette mailing-list s'en dispensent, sont-ils alors scientifiques ou alors empiristes... et corrélativement peuvent-ils réussir le déchiffrement ? Malgré d'autres modes de contact (podcast, conference call...), l'inorganisation actuelle de la recherche persiste et ne permet pas d'avoir une recherche constructive. Ce jugement semble assez sévère, mais reflète la réalité. Il est flagrant de voir que toutes les méthodes quantitatives, aussi précisent soient-elles sont mises en oeuvre indépendamment du contexte historique. Tous résonnent avec leurs critères actuels. Un des exemples les plus flagrants est que les lettres du manuscrit sont mises en équivalence avec celles de notre propre alphabet. Or il existe de très nombreux exemples où la correspondance d'alphabets inventés (pour lesquels les auteurs ont donné leur clef d'inventivité) et notre alphabet latin n'existe pas du tout. Un exemple parmi d'autres (et ici lié à une vraie volonté de cacher le texte à transmettre) : celui de Marie Stuart.
Enfin, tout le monde partant donc du principe que les lettres du manuscrit doivent correspondre à des lettres de notre alphabet, et partant d'une hypothèse hasardeuse, des conclusions peuvent et sont forcément fausses. La nécessité de se mettre à la place du scripteur est essentielle : connaître les techniques de chiffrement du XVe siècle, lire les images, lier texte et images, lier les parties du manuscrit entre elles, assurer un continuum du manuscrit devraient être la base pour les futurs contributeurs à la recherche sur ce manuscrit. |
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