UNE NOUVELLE METHODE DE DECHIFFREMENT
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| Difficultés Nous pensons que les notions de cryptographie au moyen age (et à la Renaissance) n’avaient pas la puissance créatrice des derniers codes du XXe siècle. Des cryptanalystes depuis des décennies ont appliqué les méthodes traditionnelles (mais néanmoins puissantes) sur le texte brut. Aucun résultat. Même si les méthodes sont « traditionnelles », il n’en reste pas moins qu’elles sont diverses, solides et ont fait leurs preuves. « Traditionnelles » car le code utilisé ne pouvait qu’être classique : la cryptographie asymétrique, à clef publique… n’a été inventée qu’après la seconde guerre mondiale, pour des usages liés à la qualité de l’information, à la densité de celle-ci, et à des impératifs économiques et techniques d’évolution des processus scientifiques. Un autre difficulté est de savoir si le texte est caché à un simple ou à un double niveau. Par simple niveau, il faut entendre que seule la cryptographie cache le texte, et en le décrytant, tout s’éclaicirait. Ou à un double niveau, c’est à dire que le texte déchiffré ferait ressortir un texte mystique, de même nature de très nombreux textes alchimiques dont les recettes sont cachées à travers une phraseologie secrète, connue des seuls savants et alchimistes. Travail de prédécesseurs La littérature qui détaille les tenants et aboutissants du manuscrit est relativement peu abondante, y compris dans le milieu scientifique. Pour certains, l’explication est que le manuscrit ne fait pas partie du programme de recherche d’un organisme gouvernemental ou universitaire, et ainsi, sans moyens financiers importants (temps-homme, ordinateurs, recherches en réseaux….), seuls les « amateurs » éclairés et passionnés continuent la recherche. Le manuscrit est dans le milieu scientifique une forte coloration alchimique, et donc se trouve à l’écart de recherches fondamentales ou technologiques. Mais il y a un fait objectif en matière scientifique, c’est non pas le déchiffrement de symboles alchimiques, avec un possible langage ésotérique, mais le déchiffrement d’un nombre important de feuillets d’une écriture dont nous ne connaissons pas le sens littéral. Les diverses tentatives de déchiffrement évoqués dans les pages précédentes sont le travail d’individualité, de chercheurs… dont les conclusions écrites sont peu nombreuses. Nous laisserons de côté le travail contesté maintenant par tous de Newbold, et nous détaillerons trois documents : · Les Livres Maudits, de Jacques Bergier. Si l’auteur est la référence française en alchimie, mystique, histoire et mythologie égyptienne, rosicrucienne, franc-maçonne, aux côtés de L. Pauwels, il a été aussi un scientifique à ses débuts (même si l’on peut aisément conjuguer et marier la pensée scientifique et la pensée religieuse, ou idéologique). Le livre date de 1971, et présente un peu plus d’un dizaine de livres qui à travers les siècles ont été victimes de la censure politique ou religieuse, bien au delà des « simples » autodafés, anciens ou plus récents (ceux notamment de la Seconde Guerre mondiale). J. Bergier présente, sous un côté objectif, l’histoire de ces livres, et des conspirations attachées à leur destruction. Nous aurions pu prétendre à creuser le chapitre de 13 pages sur le Manuscrit Voynich si le reste de son récit était objectif, ou du moins le plus possible, et historique, dans les limites que nous impose l’Histoire. Or, J. Bergier a une trame tout au long de ses explications : il y a une conspiration historique et mondiale qu’il dénomme « les hommes en noir », ceux-ci étant chargés de détruire tout ce qui pourrait se réléver dangereux pour le monde, l’humanité, la vérité, et la croyance en Dieu. Ils seraient une « Saint alliance contre le savoir ». Si sa pensée, ses recherches historiques étaient bien construites, nous aurions pu creuser donc la piste qu’il développe. Mais dans certaines chapitres, nous pouvons lire des phrases du genre « j’aurai tendance à prendre Dee (John) à la lettre et à penser que par auto-hypnose produite par son miroir, ou par d’autres manipulations, il a réussi à franchir une barrière entre les planètes ou entre les dimensions », ou bien « …, ce qui ne ressemble à aucune langue connue (langue enochienne). Il paraît sue si on prononce correctement ce rituel, on est entouré par un ellipsoide d’invisibilité à une distance de 45 centimètres du corps. Je n’y vois pas d’objection ». L’hypothèse de J. Bergier sur le manuscrit est que la tentative de déchiffrement est passée par l’envoi de clichés photographiques dudit manuscrit à des scientifiques, et que les « hommes en noir », n’ont pas eu la puissance nécessaire pour éviter la propagation des photos, et ainsi auraient contraints Newbold à produire une traduction volontairement erronnée. Il conclut en disant que Newbold est mort de manière naturelle, ce qui tranche d’ailleurs avec tous les autres exemples qu’il prend, où forcément chacun décède par d’étranges moyens ou de mystérieuses façons. · examen scientifique du matériau afin de procéder à des comparaisons par rapport à d’autres manuscrits historiquement authentifiés · La thèse de plus de 500 pages, d’Antoine Casanova, qui était un temps disponible sur internet. Cette étude est par certains égards remarquable. Elle est très quantitative, et cryptographique, ce qui paraît normal eu égard à la formation informatique de l’auteur. Il centre sa brillante étude sur le déchiffrement, avec des hypothèses, des moyens bien construits, réfléchis et ordonnés, digne d’une belle démarche scientifique. A ceci près, qu’il s’abstient de toute réflexion historique, artistique… pour affiner son étude. Les hypothèses prises pour comparer l’entropie du manuscrit à d’autres langues ou livres sont plus de l’ordre de la théorie que de la pratique. La théorie dans son cas a été de prendre différentes langues et différents livres de comparaison sans lien possible avec le manuscrit. La pratique aurait pu permettre de prendre des textes latins, tchèques, polonais… et des livres de cette langue et de cette époque pour tenter des comparaisons les plus pertinentes possibles
Mon idée L’idée générale qui prévaut dans cette recherche est de comprendre l’intention de l’auteur, et de prendre les meilleures hypothèses. Il serait de toute façon extrêmement difficile à ce jour de décrypter ce texte en ayant la même structure prosaique et phraseologique que les alchimistes du moyen age. Il nous faut donc biaiser, c'est-à-dire d’avoir une approche lier sur la déductibilité. La localisation du Manuscrit est inconnue. C’est un point sur lequel il n’est plus nécessaire de revenir, malgré l’importance qu’il revêt. Le niveau de lecture est lui aussi inconnu : texte en clair ou texte mystique une fois déchiffré. La langue d’écriture est elle aussi inconnue, du moins dans sa traduction, si bien sur une telle traduction est possible. Le but de la recette est également inconnu, même si nos conclusions nous a amenés à l’élixir de longue vie. Nous sommes dans l’inconnu, mais ceci n’implique en aucune façon que nous ne sachions rien de ce Manuscrit. Et travailler sur des hypothèses sérieuses nous permettra d’atténuer toutes nos interrogations et de passer de l’inconnu, non pas vers le connu, mais vers le probable, voire vers le plus probable. La première hypothèse de travail est qu’en l’absence de savoir de quel pays ou contrée est l’auteur, donc de sa langue d’écriture possible, il faut retenir plusieurs langues possibles : français, anglais, allemand, italien, latin, polonais, et tchèque. 7 langues qui nous laissent un spectre large d’investigation. Seconde hypothèse : quelle est la méthode de chiffrement qu’a pu utiliser l’auteur ? Il faut donc écarter les méthodes les plus récentes, et considérer la ou les méthodes de chiffrement les plus fortes ont été utilisées. Mesurer ensuite pour ces méthodes si l’analyse des fréquences est pertinente. Dans ce cas, il sera nécessaire d’analyser 7 textes proches du moyen age, dans les langues reprises ci-dessus, et considérant plus des textes alchimiques. Plusieurs études qui ont tenté l’approche des fréquences ont pris des textes anciens et plus récents, et davantage en littérature. Là, nous n’avons pas à faire à de la littérature, mais à un ouvrage de portée scientifique (pour l’auteur et pour l’époque). Ainsi, la comparaison des 8 textes (7 + Voynich) nous permettra de mesurer l’écart des textes entre eux. Troisième hypothèse de travail : l’analyse des fréquences d’une langue donnée reste globalement identique d’une page à l’autre d’un livre. Cela revient à mesurer donc l’écart entre plusieurs pages des textes pour chacune des 7 langues, et faire de même pour le manuscrit Voynich. Pour une langue donnée, on prendra deux textes proches du XV et XVIe siècle, sur deux sujets différents. Il nous faudra mesurer l’écart de fréquence des lettres entre les textes eux-mêmes et à l’intérieur de chaque texte. La cohérence du manuscrit Voynich se mesurera également par la constance dans l’analyse des fréquences de plusieurs pages. Nous doutons qu’il y ait fondamentalement un changement de vocabulaire dans le manuscrit si le sujet est homogène et continu. Bien sur, le livre reprend les étapes de l’élixir de longue vie, donc possiblement un vocabulaire différent. Malgré cela, si le manuscrit est bien uniforme et cohérent, les différences d’une page à l’autre seront modérées. Enfin, la mise en pratique peut se faire aussi de la manière suivante : prendre les textes suivants, et les crypter avec des méthodes que nous avons vues dans les pages précédentes, c’est à dire celles qui pouvaient raisonnablement être utilisées au XVe ou XVI siècle. Ainsi, nous aurons 7 langues et 5 méthodes de chiffrement, donnant ainsi 35 textes. Ceux-ci pourront être comparés au Manuscrit Voynich, dans le cadre d’une analyse statistique. Mise en pratique : A FINIR... Textes en français Textes en latin Textes en anglais Textes en allemand Textes en italien Texte en polonais Textes en tchèque
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